Tout savoir sur la symptothermie, cette méthode de contraception naturelle fiable

Tout savoir sur la symptothermie, cette méthode de contraception naturelle fiable

Que ce soit par convictions écologiques ou pour mieux se reconnecter à son corps et son cycle, tu as peut-être très envie de dire stop à toutes contraceptions hormonales (comme la pilule) et aux hormones de synthèse … sauf que le choix d’une contraception plus naturelle peut vite s’avérer très limité. Au milieu de méthodes contraception naturelle qui semblent peu fiables, tu as souvent l’impression de n’avoir le choix qu’entre le stérilet au cuivre et le préservatif pour ne pas tomber enceinte sans le vouloir.

Pourtant, il existe une autre possibilité : la symptothermie (ou sympothermie). C’est méthode de contraception naturelle qui peut être digne de confiance si elle est appliquée avec assiduité. Elle est basée sur une observation active de son corps, à travers sa température interne et l’analyse de l’aspect de sa glaire cervicale afin de définir sa date d'ovulation.

 

SYMPTOHERMIE : QU’EST-CE QUE C’EST ET COMMENT L’APPLIQUER ?

La méthode symptothermique en quelques mots

C’est une méthode élaborée sur l’observation très précise de signes donnés par le corps via la glaire cervicale (la sympto) et la température basale (la thermie). Ce sont des signes à observer tous les jours au réveil, afin de déterminer avec précision les jours de fertilité et d’infertilité chez les personnes menstruées. La contraception se base alors sur la résultante de l’observation active de ces deux paramètres. Il faut donc être à l’aise avec son corps et bien se connaître … ou justement, apprendre à l’être.

Si cela peut paraître assez hasardeux au premier abord, la symptothermie ne laisse pour autant pas de place à l’approximation. Avec l’observation quotidienne de signes de période d'ovulation et donc de fertilité pendant le cycle menstruel, on ne peut se tromper ; pas de statistiques faites sur des cycles passés comme la méthode Ogino, juste des faits réels et actuels.

 

Les constantes observées par la méthode symptothermique

La glaire cervicale

La glaire cervicale est une sécrétion sous forme de liquide visqueux produit par les glandes de l'endomètre du col de l'utérus chez les personnes menstruées. La glaire observée est mélangée à d’autres sécrétions qu’on appelle les pertes blanches. De plus, elle présente un aspect et une composition différente selon la période du cycle menstruel.

Ainsi, au début de la phase folliculaire, la glaire cervicale est épaisse et plutôt opaque. Le mucus reste au niveau du col de l’utérus et ne s’écoule pas. La muqueuse de ton vagin peut te sembler plus sèche, et en règle générale, il n’y a pas de traces au fond de tes sous-vêtements.

A l’inverse, à la fin de la phase folliculaire, lorsque ton corps se prépare à la possibilité d’être fécondé, ta glaire cervicale devient plus « collante » avec un aspect pâteux ou crémeux, et une couleur blanchâtre … pour devenir plus liquide et transparente au moment de l’ovulation. C’est la période où tu a le plus de possibilités de tomber enceint.e, soit la période d'ovulation. Ta muqueuse utérine rend accessible au spermatozoïde l'ovocyte arrivé à maturation et devenu ovule lors de cycle, pour une possible nidaton.

Enfin, après cette période de fertilité, lors de la phase lutéale, la glaire cervicale est à nouveau plus sèche, épaisse et opaque, jusqu'aux règles suivantes. 

 

La température basale

Avec la symptothermie, la température interne (ou basale) doit être prise au réveil dans les mêmes conditions (heures, appareil). C’est une donnée essentielle pour cette méthode de contraception. Elle permet de reconnaître la phase fertile du cycle et le jour d'ovulation.

En effet, la température corporelle augmente légèrement une fois les règles terminées, et puis elle augmente d’un coup au moment de l’ovulation. S’il n’y a pas de fécondation, la température baisse à nouveau le premier jour des règles … et c’est ainsi à chaque cycle menstruel.

D’une personne menstruée à une autre, les températures hautes et basses ne seront pas exactement les mêmes. Il faut donc commencer à prendre ta température interne quotidiennement pendant un ou plusieurs cycle afin de déterminer ta courbe de température avec ton plateau de température basse et ton plateau de température élevée. Car si en théorie, tu es infertile du premier jour au 5ème jour  de ton cycle menstruel, et que ta phase fertile est entre le 6ème et 9ème jour, cela dépendra réellement de la régularité et de la longueur de tes cycles.

Il vaut mieux donc faire confiance à des faits concrets si tu utilises la symptothermie pour ne pas tomber enceint.e – a contrario, cette méthode pourra aussi te servir le jour où tu voudras concevoir un enfant, grâce à une connaissance parfaite de ton corps, de tes périodes de fertilité et de ton pic d'ovulation, afin de maximiser tes chances d'avoir un ovule fécondé après un rapport sexuel.

 

Le col utérin

Si la méthode symptothermique est principalement fondée sur l’observation de la température interne et l’aspect des glaires cervicales, on peut aussi y associer l’observation de la position du col de l’utérus, qui change tout au long du cycle menstruel.

Ainsi, pendant tes règles, le col est généralement bas et dur mais un peu ouvert afin de laisser place à l’écoulement des saignements menstruels.

Pendant la phase folliculaire ou lutéale, ton col utérin sera également bas et dur, mais plutôt sec… contrairement à la période de fertilité (entre ces deux phases), où le col de l’utérus est haut, ouvert, humide et mou, prêt à laisser passer les spermatozoïdes pour une fécondation de l’ovule libéré par les trompes de Fallope.

Techniquement, cette observation peut se traduire par un col de l’utérus bas et dur, facile à toucher du doigt, lors des périodes infertiles, et un col de l’utérus haut et mou, difficilement atteignable pendant la période ovulatoire. Il se peut que ton partenaire sexuel ressentent d'ailleurs aussi ces changements utérins selon la phase du cycle.

 

Mettre en pratique la méthode symptothermique

La symptothermie peut parfois paraître complexe à mettre en place, car il y a un temps d’adaptation à s’accorder pour bien comprendre son corps et faire confiance à ses sensations. Et c’est normal.

Pendant le premier cycle au moins, il faut t’observer chaque jour et choisir une méthode de contraception qui n’intercèdera pas dans tes observations, comme les préservatifs. Et puis, dès le deuxième cycle, si tu te sens à l’aise, tu pourras alléger le rythme de tes prises de données.

Enfin, rassure-toi : de nombreuses applications existent afin de suivre tes observations et les données liées (température basale, glaire cervicale, position du col utérin, menstruations, etc) et te permettent ainsi d’avoir une meilleure vision d’ensemble de ton cycle menstruel et de ta période de fertilité.

Tu peux également t'aider de test d'ovulation pour connaître ton jour d'ovulation, et te faire accompagner par un gynécologue, car la durée du cycle peut changer entre la puberté et la ménopause. 

Pendant la période fertile, il faudra se protéger avec des préservatifs s’il y a des rapports sexuels, ou être abstinent, afin de ne pas prendre de risque d'être enceint.e. Et si tu as le moindre doute dans tes observations, et sur le moment où tu es en train d'ovuler (surtout si tu as un cycle irrégulier), n’hésite pas à jouer la sécurité et à bien te protéger.


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